“Clara Tournay travaille différents médiums pour explorer l’idée de l’infra-monde, entre visible et invisible. Peintures, sculptures et photographies rendent palpable la lumière, la matière et la temporalité. Elle met en exergue différentes façons de rendre visibles les états transitoires du visible, par essence insaisissables, en confrontant les plastiques des matérialités qui entrent dans son processus de création.
"Tout part de la matière, de sa capacité à se métamorphoser. Elle absorbe, réagit, résiste. Elle façonne un territoire mouvant, entre apparition et effacement, entre mémoire et devenir."
'Il n’y a pas d’images, mais des traces, des strates, des empreintes fragiles. Rien n’est stable : les formes organiques ou minérales émergent, se retirent. Elles rappellent une peau, une roche, un ciel, une nébuleuse. À la frontière du visible et de l’invisible, elles révèlent ce qui se dérobe.
Mes œuvres ne représentent pas le monde, elles en sont des fragments. Cartographies sensibles, elles naviguent entre microcosme et macrocosme. Un détail qui devient un territoire, un relief qui évoque un monde.
Peinture, sculpture, lumière : tout dialogue, tout fluctue. La matière hésite, vacille, se transforme.
La série « Maeve » tire son nom d'une déesse celtique incarnant le pouvoir féminin et le cycle de la vie.
Clara arpente les carrières de l’Est de la France, où granit et marbre sont sortis de terre pour orner les cimetières.
Elle rassemble les rebuts des marbreries : chutes, fragments irréguliers ou sous- dimensionnés, stèles à moitié polies, comme suspendues dans la mémoire double de la pierre et des vivants.
Le polycarbonate vient ensuite, lui aussi tiré de rebuts industriels, plié et modelé par ses mains. Translucide, ondoyant, il s’enroule autour de la stèle, l’enveloppe et la traverse comme un souffle. Le dernier geste ne lui appartient plus.
C’est à la lumière qu’il revient de donner vie à la matière, d’animer la pierre et le souffle.
Changeante, elle bouleverse l’oeuvre à chaque nouveau regard.
Soufflées puis thermoformées au contact de son corps, les pièces de la série Maeve adoptent des formes organiques.
Dans ces bribes de corps féminin, on retrouve les échos de « Terres- Mères » ancestrales autant que les reflets d’une goutte d’eau, le bouillonnement de la mer, les franges d’un nuage.
Tirées de l’artificiel, façonnées par mon étreinte, elles célèbrent une force vitale indomptable, douce et puissante.
'Everything starts with matter, its capacity for metamorphosis. It absorbs, reacts and resists. It shapes a shifting territory, between appearance and erasure, between memory and becoming.
There are no images, only traces, strata and fragile imprints. Nothing is stable: organic or mineral forms emerge, retreat. They recall a skin, a rock, a sky, a nebula. At the frontier between the visible and the invisible, they reveal what is hidden.
My works don't represent the world, they are fragments of it. Sensitive cartographies, they navigate between microcosm and macrocosm. A detail becomes a territory, a relief evokes a world.
Painting, sculpture, light: everything dialogues, everything fluctuates. Matter hesitates, vacillates, transforms. My aim here is not to freeze an image, but to capture a shift. Transitory states. Capturing the instant, revealing the ephemeral.
There are no borders, only a passage. We are at the threshold.'
The serie of “Maeve” takes its name from a Celtic goddess embodying feminine power and the cycle of life.
In this series, Clara Tournay combines discarded marble steles and salvaged polycarbonate, shaped in contact with her body.
Translucent and undulating, the material wraps the stone like a breath, leaving light to animate the work. Evoking fragments of the female body and natural elements, the sculptures shift between transparency and iridescence, transforming with each glance.
