Clara Tournay France, b. 1996

"Tout part de la matière, de sa capacité à se métamorphoser. Elle absorbe, réagit, résiste. Elle façonne un territoire mouvant, entre apparition et effacement, entre mémoire et devenir."

'Il n’y a pas d’images, mais des traces, des strates, des empreintes fragiles. Rien n’est stable : les formes organiques ou minérales émergent, se retirent. Elles rappellent une peau, une roche, un ciel, une nébuleuse. À la frontière du visible et de l’invisible, elles révèlent ce qui se dérobe.

Mes œuvres ne représentent pas le monde, elles en sont des fragments. Cartographies sensibles, elles naviguent entre microcosme et macrocosme. Un détail qui devient un territoire, un relief qui évoque un monde.

Peinture, sculpture, lumière : tout dialogue, tout fluctue. La matière hésite, vacille, se transforme. Ici, je ne cherche pas à figer une image, mais à capter un basculement. Les états transitoires. Saisir l’instant, révéler l’éphémère.

Il n’y a plus de frontières, mais un passage. Nous sommes au seuil.'

 

La série « Maeve » tire son nom d'une déesse celtique incarnant le pouvoir féminin et le cycle de la vie.

Dans cette série, Clara Tournay associe des stèles de marbre mises au rebut et du polycarbonate récupéré, façonné au contact de son corps.

Translucide et ondulé, le matériau enveloppe la pierre comme un souffle, laissant la lumière animer l'œuvre.

Évoquant des fragments du corps féminin et des éléments naturels, les sculptures oscillent entre transparence et irisation, se transformant à chaque regard.

 

Dans ces bribes de corps féminin, on retrouve les échos de « Terres- Mères » ancestrales autant que les reflets d’une goutte d’eau, le bouillonnement de la mer, les franges d’un nuage.

Tirées de l’artificiel, façonnées par mon étreinte, elles célèbrent une force vitale indomptable, douce et puissante.

La série Maeve est le fruit de trois années de recherches théoriques et techniques.

Elle incarne une longue exploration de la représentation féminine, autour du prototype mythologique de la « Terre-Mère » et de l’étude de figures archaïques lors de sa résidence à la Chapelle Saint- Antoine, en Grèce, en 2024.

 


 

'Everything starts with matter, its capacity for metamorphosis. It absorbs, reacts and resists. It shapes a shifting territory, between appearance and erasure, between memory and becoming.

There are no images, only traces, strata and fragile imprints. Nothing is stable: organic or mineral forms emerge, retreat. They recall a skin, a rock, a sky, a nebula. At the frontier between the visible and the invisible, they reveal what is hidden.

My works don't represent the world, they are fragments of it. Sensitive cartographies, they navigate between microcosm and macrocosm. A detail becomes a territory, a relief evokes a world.

Painting, sculpture, light: everything dialogues, everything fluctuates. Matter hesitates, vacillates, transforms. My aim here is not to freeze an image, but to capture a shift. Transitory states. Capturing the instant, revealing the ephemeral.

There are no borders, only a passage. We are at the threshold.'

 

The serie of “Maeve” takes its name from a Celtic goddess embodying feminine power and the cycle of life.

In this series, Clara Tournay combines discarded marble steles and salvaged  polycarbonate, shaped in contact with her body.

Translucent and undulating, the material wraps the stone like a breath, leaving light to animate the work. Evoking fragments of the female body and natural elements, the sculptures shift between transparency and iridescence, transforming with each glance.